Expo de peinture à Tahiti 1984, la presse.
"Il est un fait certain, réjouissant pour les amateurs d' art, c' est que les vernissages qui se succèdent à Tahiti en cette fin de 1984 à belle cadence, loin de saturer ou de décevoir, apportent presque chaque fois au public leur lot de surprises, de variété et de nouveautés.
La peinture, on l' a dit et répété, est toujours bien vivante sous notre tropique. elle frémit (certes avec plus ou moins de bonheur) s' insinue avec entêtement dans les moeurs et parfois éclate, ici ou là, sous la forme du succès.
Artistes confirmés ou artisans méritants de l' Art, plus obscurs, participent à la même oeuvre de beauté, pour la plus grande gloire d' un pays déjà privilégié par les dieux et surtout pour la joie secrète des spectateurs de tous horizons et de toutes cultures.
La galerie Winkler expose aujourd'hui quatre toiles, quelques aquarelles et une trentaine de gouaches d' une jeune femme qui, pour n' être pas inscrite au Gotha des peintres de Tahiti, n' en est pas moins, par la qualité de ses dernières oeuvres, l' une des plus sensibles et des plus douées de nos artistes: Michelle Villemin.
Le "don", elle l' a ressenti très jeune, et elle n' a cessé de l' exprimer, de façon de plus en plus adroite, à force d' étude, en faisant des gammes avec acharnement, dans la solitude, ou en se recyclant aux cours de Rui Juventin, au conservatoire, avec l' humilité et la docilité de ceux qui doutent.
Le résultat est en tous cas admirable. essentiellement axée sur le portrait, l' oeuvre de Michelle Villemin est le résultat d' une expérience visuelle toute de persévérance et d' obstination. Dix-huit ans de tatonnements dans un art difficile où le droit à l' erreur n' existe pas, ont littéralement façonné son oeil à la forme polynésienne. Gosses au regard émerveillé, boudeuses aux yeux de jais, couples d"anciens" figés dans la sagesse des ans, filles en fleur à la paupière lourde, sont une galerie de portraits saisissants où l' émotion naît autant de la profondeur des expressions que de la manière pudique, respectueuse, tendre, avec laquelle chaque personnage est traité, tantôt nimbé de bleu, tantôt baignant dans un aura doucement violacé qui aurait emprunté les tons de l' aurore.
L' âme tahitienne d' un autre âge transparaît dans cette oeuvre qui semble être celle de l' amitié, de la douceur, de la sérénité.
Vive la peinture, lorsqu' elle est aux antipodes de la passion et qu' elle se situe à l' opposé d' un modernisme vulgaire, anecdotique et commercial.
Bravo, Michelle. A ce soir."
M. PHILIP
Dépêche de Tahiti 1984
la dépêche de Tahiti du samedi 1er décembre 1984
"très beau succès, jeudi soir, à la galerie Winkler pour Michelle Villemin qui expose actuellement une trentaine de portraits polynésiens, exécutés avec un réalisme qui touche à l'hyper-réalisme. Au cours du vernissage, on a pu remarquer la présence de nombreux artistes locaux venus féliciter leur collègue pour son travail très personnel et de haute qualité. quand on sait combien il est difficile d' exécuter, en peinture, un portrait, on ne peut être qu'en admiration devant l' éventail que soumet à notre jugement Michelle Villemin. C' est en quelque sorte une leçon que nous donne cette jeune artiste, dont les toiles resteront accrochées à la galerie Winkler pendant une dizaine de jours. A ne pas manquer."
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§!